Bernard Réquichot
En moins d’une décennie de création, Bernard Réquichot élabore une œuvre d’une densité exceptionnelle où se mêlent peinture, dessin, collage et assemblage. Ses œuvres – reliquaires, papiers choisis, spirales et compositions matiéristes – explorent les mécanismes de la pensée et les forces organiques qui traversent le monde vivant. Nourri par les découvertes scientifiques de son époque et par une réflexion sur les rapports entre microcosme et macrocosme, Réquichot développe un langage visuel profondément original.
Mort prématurément à l’âge de trente-deux ans, il laisse une œuvre brève que l’on découvre d’une grande cohérence, aujourd’hui reconnue comme une contribution importante au renouvellement de la peinture et du collage dans les années 1950. Elle anticipa les évolutions majeures dans les deux décennies suivantes (rapport à la communication et la consommation, rhizomes).
Né le 1er octobre 1929 à Asnières-sur-Vègre, dans la Sarthe, Bernard Réquichot fait sa scolarité dans diverses institutions religieuses des environs de Paris. De 1947 à 1951, il fréquente de nombreux ateliers libres à Paris : l’Académie Charpentier, la Grande Chaumière, les Beaux-Arts, l’Atelier d’Art Sacré, l’École des métiers d’art. En 1953, il fréquente l’atelier de gravure aux Beaux-Arts et se lie avec Jacques Villon, qui l’influence dans sa démarche. Il réalise ses premières peintures abstraites en 1953–1954, et participe entre 1953 et 1956 à la restauration de fresques romanes à l’église Saint-Hilaire d’Asnières-sur-Vègre.
En 1955, sa première exposition personnelle a lieu à la galerie Lucien Durand, Paris, où il présente ses Reliquaires — boîtes chargées d’objets et de peinture compacte. En 1956, il réalise ses premiers dessins à spirales, et expose pour la première fois chez Daniel Cordier en 1957.
Son œuvre évolue rapidement : systématisation de la spirale, explosion des Traces graphiques, Papiers choisis à partir de fragments identiques de photographies découpées dans des magazines — et création de Reliquaires, souvent de grand format. À partir de 1957, il participe à quelques expositions de groupe à Anvers, Wiesbaden et Paris.
Dans la nuit du 4 décembre 1961, quarante-huit heures avant le vernissage de sa seconde exposition chez Daniel Cordier, Réquichot se jette par la fenêtre de son atelier. Il avait trente-deux ans.
Cordier, qui gardait jalousement ses œuvres, fit une donation importante au Centre Pompidou. En 1973, un catalogue raisonné préfacé par Roland Barthes paraît. Depuis lors, son œuvre n’a cessé d’être redécouverte, jusqu’à la rétrospective que lui consacre le Centre Pompidou en 2024, puis celle de Michael Werner à Berlin en 2026.
Les expositions de Bernard Réquichot
1955 – Première exposition personnelle, Galerie Lucien Durand, Paris
1957 – Galerie Daniel Cordier, Paris
1964 – Rétrospective, Galerie Daniel Cordier, Paris
1973 – Rétrospective, Centre national d’art contemporain (CNAC), Paris
1977 – Bernard Réquichot : 1929–1961, Musée de l’Abbaye Sainte-Croix, Les Sables-d’Olonne
1992 – Hommage à Bernard Réquichot, Centre d’art contemporain, Château de Tanlay, Yonne
2024 – Bernard Réquichot. Je n’ai jamais commencé à peindre, Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris
2026 – Galerie Michael Werner, Berlin
La galerie Alain Margaron expose Bernard Réquichot depuis 2016.
1957–1961 – Expositions de groupe, Anvers, Wiesbaden, Paris
1989 – Donations Daniel Cordier, Centre Pompidou, Paris
1995 – Passions privées, collection Daniel Cordier, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
1997 – Made in France : 1947–1997, Centre Pompidou, Paris
2002 – Dado–Réquichot. La guerre des nerfs, Musée des Abattoirs, Toulouse
2002 – Paris, Capital of Arts, 1900–1968, Royal Academy of Arts, Londres ; Musée Guggenheim, Bilbao
2003 – Roland Barthes, Centre Pompidou, Paris
2005 – Big Bang. Destruction et création dans l’art du XXe siècle, Centre Pompidou, Paris
2019 – Galeries du XXe siècle, Centre Pompidou, Paris
2020 – Le rêveur de la forêt, Musée Zadkine, Paris
Collections publiques (sélection)
Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris; Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris; Musée d’Art Moderne et Contemporain, Saint-Étienne Métropole; Musée de l’Abbaye Sainte-Croix, Les Sables-d’Olonne; Museo de Arte Moderno, Mexico; Musée du XXe siècle, Vienne; Museo Nazionale d’Abruzzo, L’Aquila
1973 – Bernard Réquichot, catalogue de la rétrospective, Centre national d’art contemporain, Paris
1973 – Bernard Réquichot. Catalogue raisonné, préface de Roland Barthes, La Connaissance, Bruxelles
1992 – Hommage à Bernard Réquichot, catalogue d’exposition, Centre d’art contemporain, Château de Tanlay, Dijon
2019 – Jean-François Chevrier, Bernard Réquichot. Zones sensibles, Flammarion, Paris
2024 – Bernard Réquichot. Je n’ai jamais commencé à peindre, catalogue d’exposition, Éditions du Centre Pompidou, Paris
2025 – Éric Méchoulan, Je ne sais pas c’qui m’quoi. Enquête sur une expérience esthétique avec Bernard Réquichot, L’Atelier contemporain, Besançon
2026 – Réquichot, catalogue d’exposition, textes de Philippe Dagen, Stefan Ripplinger, Roland Barthes et Gérald Moralès, Galerie Michael Werner, Berlin






