René Duvillier

(1919-2002)

L’œuvre de René Duvillier se développe dans une attention constante à la lumière et à ses variations. Ses peintures, construites à partir de formes simples et de champs colorés, explorent les relations entre surface, espace et perception.

Sans effet démonstratif, Duvillier procède par ajustements successifs, où la couleur et la lumière structurent l’image, où l’apparition de la forme dépend des conditions du regard.

La découverte de l’océan en 1954 bouleverse sa peinture — comme, dans les années 1960, une tempête dans les Ardennes. La force des vagues lui révèle un rapport hallucinatoire entre le corps, l’espace et la mémoire.

C’est la voie qu’il suivra jusqu’à sa mort en 2002 : un art fortement lié aux forces de la nature, libérant les forces dionysiaques que Nietzsche décrit dans La Naissance de la tragédie.

Biographie

Né en 1919 à Oyonnax, René Duvillier grandit dans un environnement marqué par le dessin, son père étant professeur dans cette discipline. Très tôt initié aux techniques picturales et à la fréquentation des musées, il développe une sensibilité précoce à la peinture.

Il se forme à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris entre 1935 et 1938, dans l’atelier de Charles Guérin, tout en découvrant les œuvres surréalistes dans les galeries parisiennes.

Mobilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, il est fait prisonnier et interné dans un stalag à Cracovie, où il organise en 1943 une exposition de ses dessins. À son retour en 1945, il s’installe à Paris.

En 1952, il rencontre le critique Charles Estienne, qui l’expose à la Galerie de l’Étoile Scellée — galerie surréaliste d’André Breton — aux côtés de Degottex, Loubchansky et Messagier. En 1953, il participe à l’exposition Younger European Painters au Guggenheim Museum. Proche de Breton et de Benjamin Péret, il développe une peinture liée à la véhémence lyrique avant de s’orienter vers une recherche plus construite, centrée sur la lumière et la perception. 

Il est associé au mouvement nuagiste autour de Julien Alvard, tout en gardant une voie propre — ses œuvres noires et violettes des années 1957–1959 ont une densité qui le distingue de Benrath ou Loubchansky. 

En marge des courants dominants, Duvillier poursuit une œuvre indépendante, caractérisée par une grande économie de moyens et une attention constante aux phénomènes perceptifs. Sa peinture, à la fois précise et mouvementée, se distingue par une approche sensible de la surface picturale et par l’importance accordée aux variations de la lumière et de la couleur. Son œuvre est aujourd’hui conservée dans de nombreuses collections publiques, notamment au Musée d’art moderne de Paris et au Centre Pompidou.

René Duvillier meurt en 2002 à Paris.

Les expositions de René Duvillier

Expositions individuelles
(sélection)

1943 – La Genèse, Stalag de Kobierzyn, Cracovie.
1961 – La Mer des Vents, Galerie Smith, Bruxelles.
1964 – Exposition personnelle, Galerie Byron, New York.
1965 – Benrath, Duvillier, Galerie Argos, Nantes.
1970 – Têtes Chercheuses, Galerie Le Lutrin, Lyon.
1971 – Ensemble de Peinture, Palais des Expositions, Genève.
1986 – Galerie du Manoir, La Chaux-de-Fonds, Suisse.
1987 – Peintures 1955-1983, Galerie Mostini, Paris.
1993 – Le ciel de la mer, Galerie Larock-Granoff, Paris.
2003 – Accrochage d’œuvres de René Duvillier, Galerie Larock-Granoff, Paris.
2009 – René Duvillier, Galerie l’Or du Temps, Paris.

La galerie expose René Duvillier régulièrement depuis 2000.

Expositions collectives & institutionelles
(sélection)

1953 – Younger European Painters, Guggenheim Museum, New York
1965 – Benrath, Duvillier, Galerie Argos, Nantes.
1981 – Paris-Paris, 1937–1957, Centre Georges Pompidou, Paris
1999 – À l’Ouest du Monde, FIAC, Paris.

Galeries (sélection)
Smith (Bruxelles), Byron (New York), Argos (Nantes), Le Lutrin (Lyon), Mostini, Larock-Granoff, l’Or du Temps.

Collections publiques (sélection)
Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris — Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris — Abbaye de Beaulieu-en-Rouergue, Centre des Monuments nationaux

Bibliographie

1953 – Younger European Painters, catalogue d’exposition, Guggenheim Museum
1987 –   Duvillier, par Gérard Gassiot- Talabot, galerie Mostini
2000 – Rouge, le sang c’est la vie, par Gérard Durozoi, ed. Galerie Alain Margaron