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Ciel prolifique

Bernard Réquichot, « Ciel Prolifique », 1961, huile sur toile, 89 x 146 cm

« Le spectateur qui rencontre une création émouvante parle souvent de l’idée de son auteur. Mais la création ne commence pas par une idée. Chez le créateur c’est l’étonnement qui engendre. L’étonnement est un regard nouveau : l’œil garde sa fonction, mais cette fonction a perdu son importance ; une perception seconde est née. Elle sort involontairement de l’imperceptible, de l’inattention, En nous apprivoisant aux naissances qui germent dans cette arrière mentale, en faisaint peser notre attention sur cette émotion, ces perceptions qui sont encore à peine, ce qui est pressentiment, destin, opacité, sa déplace vers une évidence. La ténébreuse inattention à ce qui germait devient force manifeste, étonnement, choc. »

Bernard Réquichot

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Une réponse

  1. «La ténébreuse inattention à ce qui germait devient force manifeste, étonnement, choc. »
    La ténébreuse inattention, c’est dans la pratique de l’expérience de griffonnage de Worringer l’abandon de la décision délibérée de l’arrêt, dans l’aller-retour du geste. La force de ce qui germait et qui produit l’étonnement , c’est le constat de Worringer :  »une volonté étrangère ». « Et, les coups de brosse me viennent et se suivent très logiquement » écrivit Van Gogh à son frère Théo. Ils lui viennent, il ne les a pas décidés. Cette logique qui supporte la force manifeste, c’est celle qui se déploie dans l’espace des phases d’un attracteur étrange selon la théorie du chaos, dont Réquichot eut l’intuition en le savoir-faire en acte , comme tel insu, de Ciel prolifique.

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