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Rencontres d’artistes

Jean Hélion, "Salueur", 1945, gouache sur papier, 19,5 x 26,5 cm

Ces deux prochains mois, nous avons décidé de faire un point sur la vie de la galerie, notre collaboration attentive, amicale et professionnelle, avec des artistes que je suis fier d’avoir accompagnés. Je pense en particulier à quinze années décisives avec Fred Deux, à sa plus grande ouverture sur le monde à travers la couleur, à René Laubiès qui a trouvé des raisons de poursuivre sa recherche d’un monde qui échappe, à la quête de nature de Hong InSook, à Macréau, à qui j’avais promis de faire aimer son œuvre pour ce qu’elle présente et non pas pour un potentiel spéculatif, à Dado, assez démoniaque et très affectif dont pendant longtemps les œuvres ne se vendaient bien qu’à la galerie, à la constance rigoureuse de Groborne, à la spontanéité énigmatique de Brylak, à Cojan, anarchiste à sa manière, qui a su autant inonder certains marchands de mauvaises œuvres parce qu’ils « ne les regardaient pas », que renouveler, avec son ironie roumaine, l’introspection des portraits-autoportraits, surtout les dernières années.

Je pense aussi à des artistes disparus que j’ai découverts au hasard des rues, dans une vitrine : Lunven, dans le Marais, Godeg à Berlin, des quasi-inconnus à la différence de Boix-Vives, Réquichot grâce à Daniel Cordier, Music et Hélion qui jouaient depuis longtemps un rôle important dans ma vie.

Le scepticisme que j’ai rencontré quand j’ai commencé à m’engager également, financièrement et intellectuellement, sur les trois dernières décennies de Hélion, a facilité mes choix. L’ensemble de son œuvre bénéficiera d’une grande rétrospective, en 2024, au musée d’art moderne de Paris.

Faire vivre ensemble ces artistes sera, je l’espère, l’occasion de vous revoir et d’échanger.

A. M.

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