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L’énergie du levant

Hong InSook, "Trace", 2022, encre de Chine et gouache sur papier, 80 x 200 cm

Depuis son arrivée en France, en 1997, de nombreux liens se sont tissés entre l’œuvre de Hong InSook et l’histoire de l’art occidental : lavis de Victor Hugo, art informel, frottages de Max Ernst, dripping de Pollock, pliages d’Hantaï, héritage du Monet tardif, des Nymphéas.

Et pourtant, dès le premier regard, il n’y a aucun doute que Hong InSook est une artiste coréenne. Son écriture révèle l’extrême-Orient.

Son approche de la nature a été marquée par le romantisme de Caspar Friedrich, mais surtout par le culte traditionnel des montagnes en Corée, lieux sacrés de la fertilité, objet de nombreuses randonnées essentielles pour elle, qu’elle a reprises dans les Alpes françaises et suisses.

Son originalité s’est trempée dans cette double culture, occidentale et d’Extrême-Orient, qui explique, autant qu’une personnalité complexe, les tensions dans son œuvre qui lui donnent de la profondeur.

Hong InSook crée à l’aveugle, sur des rythmes sereins ou heurtés. Elle exprime ainsi moins un regard qu’un corps à corps énergique, jusqu’à la fusion, avec des effets contrastés d’une matière qui se précise ou se dissout. Formes et informel se répondent, comme dans les paysages rocheux.

Ses étendues d’eau, symboles de vie, deviennent des plages de repos, espacent des constructions, créent des mondes sous-marins. Elles déploient, parfois, un Levant ensoleillé, bercé d’impressionnisme.

A.M.

Hong InSook, "Trace", 2022, encre de Chine et gouache sur papier, 50 x 65 cm

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