Dado

(1933-2010)

L’œuvre de Dado explore un univers peuplé de figures instables, entre apparition et transformation. À la frontière du fantastique et du réel, ses images mettent en tension le corps et ses altérations.

Sa peinture ne relève ni du récit ni de l’illustration. Elle procède d’un langage autonome, où formes, matières et figures s’organisent dans des compositions d’une grande précision, tout en conservant une dimension proliférante et instable.

Dado développe ainsi une œuvre atypique, où violence et humour coexistent dans un équilibre fragile.

Biographie

Né en 1933 à Cetinje, au Monténégro, Dado grandit dans un contexte marqué par la guerre et la perte précoce de sa mère. Ces expériences fondatrices nourrissent un imaginaire traversé par la fragilité du vivant et la transformation des corps.

Après une formation artistique à Herceg Novi puis à l’Académie des Beaux-Arts de Belgrade, il s’installe en France à la fin des années 1950. Introduit sur la scène artistique parisienne par Jean Dubuffet, il est exposé dès 1958 par Daniel Cordier, qui reconnaît très tôt la singularité de son travail.

Dado développe dès lors une œuvre indépendante, en marge des courants, caractérisée par une grande précision du dessin et une prolifération de formes organiques en mutation.

Installé en Normandie, à Hérouval, il explore différents médiums — peinture, dessin, gravure, collage, sculpture — avec une place centrale accordée au dessin, qui structure l’ensemble de son travail.

Figures hybrides, visages ambigus, à la fois victimes et bourreaux, composent des ensembles où chaque élément semble en transformation constante, explorant sans concession la condition humaine, individuelle et collective, mais non sans une forme d’humour et d’ironie.

Marqué par les violences du XXᵉ siècle, de la Seconde Guerre mondiale aux conflits plus récents dans les Balkans, son œuvre, sans effet démonstratif, à travers des compositions apparemment désordonnées, donne à voir un monde traversé par le chaos.

Dado meurt en 2010 à Pontoise.

Les expositions de Dado

Expositions individuelles
(liste non exhaustive)

1970 – Rétrospective, Centre national d’art contemporain, Paris.
1974 – Dado,
Museum Boymans Van Beuningen.
1980 – Dado, Fondation Veranneman,
Kruishouten.
1981 – Dado. L’exaspération du trait, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Cabinet d’Art graphique.
1984 – Dado. Un signe des temps. Rétrospective, 1961 – 1984,
Musée Ingres, Montauban
1997 – Dado, Arras, 1997. Exposition dédiée par l’artiste à Maximilien Robespierre,
Centre Noroit, Arras
2002 – Musée national du Monténégro, Cetinje.

2012 – Dado. Danse macabre,
Kunsthalle, Düsseldorf.
2015 – Dado. Horama,
Centre d’art contemporain de lAbbaye d’Auberives.
2024 – Dado : Histoire naturelle, 1953 – 2000, Académie serbe des sciences et des arts, Belgrade.

Expositions collectives
(liste non exhaustive)

2002 – Dado, Réquichot. La guerre des nerfs, Les Abattoirs

Galeries : Daniel Cordier ; Iszy Brachot ; André-François Petit ; Jeanne Bucher ; Aberbach, New York ; Galerie Beaubourg Paris ; Alain Margaron, Paris.

Bibliographie

1970 – Dado, catalogue de la rétrospective, Centre national d’art contemporain, Paris
1984 – Dado. Un signe des temps. Rétrospective, 1961 – 1984, Catalogue d’exposition, Musée Ingres, Montauban
1991 – Dado par Alain Bosquet, ed. La différence.
2002 – Dado, Réquichot. La guerre des nerfs, Catalogue D’exposition, Les Abattoirs
2002 – Dado, La chapelle Saint -Luc, Galerie Alain Margaron
2012 – Dado. Danse macabre, Kunsthalle, ed. Düsseldorf, Gregor Jansen
2015 – Dado : Horama, catalogue de l’exposition au Centre d’art contemporain, Abbaye d’Auberives
2024 – Dado: Histoire naturelle, 1953 – 2000, Catalogue de l’exposition de l’Académie serbe des sciences et des arts, Belgrade.