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La musique de Jean Hélion

Jean Hélion, Tubas, 1981, aquarelle, pastels, fusain et gouache sur papier coloré marouflé sur toile, 85 x 108 cm

Une librairie permet de lire les écrits d’artiste, pour mieux voir leurs œuvres. Commençons par cet hymne à l’art de Jean Hélion, particulièrement d’actualité :

Comment vivre ? D’amour, d’amitié, de joie de la nature et d’art…
L’art est toujours ce qui il y a de plus urgent car il chante la raison profonde de vivre, la validité même de l’existence mesurée en sensations, en rythmes, en forme chantées.
Le peintre va à travers le monde en proclamant que tout est bien, tout est musique, tout est couleur, tout est chanson; chantre de la vie qu’il perçoit comme bonne car elle pourrait l’être, même si elle ne l’est pas toujours.
Le rôle d’un tableau est d’en faire la preuve, de la réussir..
.

La musique, celle des instruments qu’il a aimé reproduire, et celle du monde, est au cœur de son œuvre, comme une antidote heureuse au déclin de sa vue.

Tous est musique. Il y a l’accord des dimensions et des contrastes, de la surface contre le volume, de la lumière contre l’ombre, etc. tout un etc. de jouissance des yeux, de tous les sens… Chaque chose est une corde de mon instrument et je la joue de toute mon âme et de tout mon corps.

Parmi ses instruments les plus souvent représentés, l’accordéon populaire qui anime des scènes de rue, le violoncelle, le violon, la guitare de son fils Fabrice, la flûte de son autre fils, David, puis les tubas, trombones…

À propos de Tubas, reproduit ci-dessus, il écrit le 31 janvier 1981 : il y a des objets communs tels que ce baryton ou tuba qui expriment à leur niveau la complexité du monde qui part simplement et se complique, s’enchevêtre et finit par donner un beau son qui le résume…
Nul doute que j’ai éprouvé toute la vie comme trombone, comme citrouille, comme branchages, demandant à ces objets de la résumer ; j’y suis parfois parvenu, écrit-il aveugle, en 1984.

Son œuvre testamentaire s’appelle « Trombone pour un peintre ».

A.M.

Extraits de journal d’un peintre (Maeght éditeur) et de mémoire de la chambre jaune (Ensba).

 
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