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Entretien d’Alain Margaron avec Christian Charreyre, de Art Magazine International IV/V

Fred Deux, « Sous les racines ? », 2008, encre de Chine et aquarelle sur papier, 56 x 70 cm

IV/V L’évolution de notre métier

1/ En plus d’un quart de siècle, comment votre métier a-t-il évolué ?

Notre métier a effectivement beaucoup évolué depuis que je me suis lancé dans l’aventure. On a assisté à une très forte concentration du secteur autour de quelques galeries dites internationales qui ont un pouvoir de légitimation à court terme considérable et enviable. Beaucoup font un travail remarquable pour répondre à une demande devenue internationale. Mais celle-ci n’est peut-être pas plus exigeante que celle d’un public d’amateurs cultivés comme on en voit à Paris? Et le risque de décevoir est atténué sur un marché mondial en constant renouvellement.

2/ Vous lanceriez vous encore aujourd’hui ?

Oui, bien sûr, je recommencerais. Je n’ai jamais été aussi heureux et détendu que depuis que j’ai ouvert une galerie. Et tous les jours, si vous voulez durer, vous êtes ramenés à la modestie.

3/ Vous avez écrit un livre pour expliquer votre vision du métier de galeriste. Celui-ci vous paraît-il parfois incompris ?

Ma conception du métier est peu pratiquée par manque de confiance dans la valeur future des œuvres que l’on montre. Mais est-ce vraiment moins risqué de se lancer dans des investissements commerciaux parfois démesurés sans être propriétaire des œuvres? Je n’ai aucun titre à donner des conseils, mais il me paraît important aussi bien pour les artistes que pour les amateurs d’élargir l’éventail des choix proposés. C’est plus facile quand toutes les galeries n’ont pas la même logique de fonctionnement et de décision.

Michel Macréau, « Couple », 1964, huile sur toile, 55 x 46 cm
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