Robert Groborne

(1939-2024)

La collecte d’objets est le point de départ de toute l’œuvre de Robert Groborne. Plaques de fer rongées, joints usés, clous rouillés, talons érodés — prélevés au fil de ses voyages, dont un séjour au Japon entre 1994 et 1996 — sont triés, classés, archivés, puis soumis à des manipulations mécaniques et chimiques qui les métamorphosent sans les effacer.

Sa pratique traverse sans hiérarchie la peinture, le relief, la gravure, la sculpture, le collage et la photographie. Les formes migrent d’un médium à l’autre — une série de collages devient série photographique, retravaillée à l’ordinateur, déclinée en variations. Mais les constantes demeurent : des figures simples et sobres, rectangle, triangle, demi-cercle, et un travail presque exclusif dans les nuances du noir et blanc. Ses bronzes, tirés pratiquement en exemplaire unique, portent des patines longuement élaborées qui prolongent les textures de ses surfaces peintes.

Biographie

Né en 1939 à Alger, Robert Groborne quitte l’Algérie à dix-neuf ans et s’établit en France en 1958. Après quelques années de formation dans une école professionnelle de dessin, il commence à peindre à la fin des années 1960 et réalise ses premiers travaux d’artiste en 1970. Il développe très tôt une pratique centrée sur les conditions mêmes de la sculpture et de la peinture, privilégiant la réduction des moyens et la précision des rapports entre formes couleurs.

Artiste discret et solitaire, il pratique en parallèle peinture, relief, dessin, gravure, sculpture, collage et photographie. À la fin des années 1980, il réalise des dessins à l’ordinateur. À partir de la fin des années 1990, il développe une série de bronzes. En 2004, la Bibliothèque nationale de France lui consacre une exposition dans la Crypte du site Richelieu, réunissant près de deux cents gravures -témoignage d’une œuvre gravée parmi les plus rigoureuses de sa génération.

La galerie Alain Margaron le représente à partir de 2007. Ses œuvres sont présentes dans les collections du Centre Pompidou.

Robert Groborne s’éteint à Paris le 25 juillet 2024.

Les expositions de Robert Groborne

Expositions individuelles
(sélection)

1995 – « Groborne », Maison des Arts Georges Pompidou, Cajarc.
2000 – Centre International de Poésie, Marseille.
2004 – « Robert Groborne, graveur », Bibliothèque nationale de France, Paris.
2005 – Exposition personnelle, Galerie Remarque, Trans-en-Provence.

Plusieurs expositions à la galerie depuis 2004.

Expositions collectives & institutionelles
(sélection)

1981 – Nature du dessin, Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris
1992 – De Bonnard à Baselitz, Bibliothèque nationale, Paris
1992 – Manifeste, Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris
1993 – Noir dessin, Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris
1994 – Dessiner une collection, Musée du Luxembourg, Paris
1995 – Du trait à la ligne, Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris
2001 – Acquisitions nouvelles du Cabinet d’art graphique, de Artaud… à Twombly, Centre Georges Pompidou, Paris

Collections publiques (sélection)
Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris ; Bibliothèque nationale de France, Paris

Bibliographie

1982 – Groborne, Projets pour une sculpture, catalogue d’exposition, textes de Georges Raillard et Claire Stoullig, Musée des Beaux-Arts, Rennes
1992 – Robert Groborne 1981–1991, catalogue d’exposition, textes de Géva Caban, George Collins et Olivier Kaeppelin, Centre d’art contemporain CREDAC, Ivry
1993 – Groborne, catalogue d’exposition, texte de George Collins, École régionale des Beaux-Arts, Le Mans
1995 – Robert Groborne : peintures, dessins, sculptures, 1968–1995, catalogue d’exposition, textes d’Olivier Kaeppelin et Catherine Strasser, Maison des Arts Georges Pompidou, Cajarc
2004 – Robert Groborne, graveur, catalogue d’exposition, textes d’Isabelle Monod-Fontaine et Céline Chicha, Bibliothèque nationale de France, Paris
2005 – Quelques objets arrêtés, texte de Gilbert Lascault, postface d’Henry-Claude Cousseau, École nationale supérieure des Beaux-Arts, Paris
2010 – Robert Groborne. Voyageur immobile, texte d’Isabelle Monod-Fontaine, Éditions Alain Margaron, Paris
2015 – Journal du Japon (1994–1996), photographies de Robert Groborne, texte de Claude Molzino, Éditions Manucius
2020 – Passer, sans fin, texte de Claude Molzino, Éditions Manucius / Éditions Peuplier