Affinités Électives

Zoran Music, Sans titre, 1950, aquarelle et gouache sur papier, 35 x 49,5 cm

En accompagnement de l’exposition de Centre Pompidou au Grand Palais, Dessins sans limites, nous montrerons du 17 décembre au 21 mars, une cinquantaine de dessins des artistes que la galerie présente régulièrement depuis une trentaine d’années. Dans leur grande majorité, ils ont déjà été exposés au Musée National d’Art Moderne, en exposition individuelle : Dado (1981), Fred Deux (2004), Hélion (2004), Réquichot (2024) ou collective (Boix-Vives, Groborne, Music, Laubiès, Godeg). Nous montrerons également des œuvres graphiques de Lunven (MAM Paris, 1970) et Macréau; avec des focus d’une dizaine de jours sur chacun des artistes.

La dessin a joué un rôle essentiel dans leurs parcours artistique.

Ce fut le seul médium de Fred Deux (de 1949 à 2014); pour Réquichot, un médium central (1952 à 1962), constitutif également, de beaucoup de ses peintures, en particulier de ses Traces graphiques. Dado (1956 à 2010) fut, comme François Lunven (1962-1971) un dessinateur vif,  précis et inventif. Sa pratique du dessin a joué un grand rôle dans son renouvèlement au tournant du millénaire. Les dessins de Macreau dans les années 60 sont au cœur de ses plus belles réussites. Dessins et gravures ont accompagné toutes les recherches de Zoran Music (1947 -2005), devançant l’éclosion des quelques images qui se sont imposées à lui pour structurer son parcours de 1947 à 2005. Le dessin a joué un rôle essentiel dans la confrontation abstraction-figuration qui scande le parcours d’Hélion de 1929 à 1983 (Cf. Hélion, De dessins en desseins, H.C. Cousseau, ed. Alain Margaron, 2018).

Ces artistes se rapprochent par leur quête d’une humanité : à travers notre vie organique et nos liens avec les autres pour Fred Deux; à travers les violences de l’histoire et la dénonciation de fantasmes pour Dado; en fusionnant micro et macrocosme, temps et infini de l’espace pour Réquichot; en anticipant les greffes animal-humain, humains-machines, leur énergie vorace, et les dangers de la robotisation pour Lunven; en se confrontant aux incertitudes de notre identité sexuelle et aux relations de couple pour Macréau; en luttant pour la beauté et la vie contre la résurgence dans sa mémoire des camps d’extermination puis la destruction progressive de son

corps et celui d’Ida, son épouse, par la mort; en révélant derrière la beauté de ses scènes de rues, de ses portraits, nus, la profondeur de la vie de chacun, même les plus humbles, pour Hélion.

Pour tous, le dessin est la colonne vertébrale de l’ensemble de leur oeuvre.

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