Prix Transfuge : Meilleure exposition galerie 2025

Karl Godeg, «Goldbild», 1964, Huile et technique mixte sur toile, 92 x 73 cm

Magazine Transfuge nous a décerné, le 8 janvier, le prix de la meilleure exposition en galerie en 2025 pour Karl Godeg et Zoran Music, du 15 janvier au 22 mars 2025.

La qualité de Transfuge, la pertinence et la culture de son équipe d’enquêteurs – critiques d’art – chroniqueurs, leur conviction que l’art peut jouer un rôle important dans nos vies, nous rendent particulièrement sensibles à cette distinction. Nous avons eu déjà l’occasion de reproduire plusieurs de leurs articles, nous le ferons de nouveau prochainement.

La mise en dialogue de Godeg et de Music n’était pas évidente compte tenu des différences de notoriété et de prix des deux artistes. Music a bénéficié d’une impressionnante exposition au Grand Palais en 1995, a été soutenu par des galeries historiques, a occupé une place centrale dans l’histoire de l’art du XXeme siècle depuis son enfermement à Dachau qui a donné un poids existentiel à son oeuvre. Avant les camps, grâce à des études d’art approfondies en Europe, il a été un bon peintre. Depuis il est devenu un grand peintre.

Le début de reconnaissance de Godeg dans les années 60 a été sans suite. J’ai découvert son oeuvre par hasard à Berlin. Et malgré des soutiens puissants comme celui de Jean-Jacques Aillagon, l’intégration de l’un de ses  Goldbilder dans l’accrochage du Musée National d’Art Moderne en 2025, et l’influence qu’il a exercée sur d’importants artistes français et allemands, il est encore relativement peu connu. Il a d’ailleurs volontairement vécu dans l’anonymat une grande partie de sa vie.

Mais beaucoup de choses rapprochent les deux artistes. Certes, moins violemment, Godeg, lui aussi a été confronté au nazisme, en 1933, avant d’être traumatisé par l’horreur de la découverte des camps. Ils partagent une culture commune d’Europe centrale autour de l’ancien empire Austro- Hongrois et de l’Allemagne et une connaissance approfondie de l’art occidental, de son histoire et des techniques.

Leurs confrontations lucides de la beauté et de la mort, de la lumière et de l’ombre donnent une valeur existentielle et régénérante à leurs créations.Le dialogue a été fructueux. Vous avec été nombreux à aimer cette exposition. Nous montrons actuellement à la galerie, dans le cadre de notre accrochage Dessins, affinités électives, quelques unes de leurs œuvres.

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