Expositions

Exposition en cours

Fred Deux « Une vie sur la table à dessin »

Exposition du 12 octobre au 9 décembre 2017.

Pendant l’exposition consacrée à Fred Deux par le musée des Beaux-Arts de Lyon, nous ferons découvrir à la galerie, du 12 octobre au 9 décembre 2017 une cinquantaine d’oeuvres de Fred Deux, avec comme fil conducteur la transposition de sa vie sur sa table à dessin.

Fred Deux  a représenté assez souvent,  avec plus ou moins de précision,  parfois une simple ligne, sa table à dessin : table de dissection ou de ressassement, de transmutation de la réalité, ou plutôt du souvenir qu’il en avait, par le rêve et les fantasmes de son imagination créatrice.

Sur le même thème, il a représenté son atelier et sa maison comme des lieux magiques, un temple où plaisir et douleur, nature, animaux, êtres proches deviennent art et attestent d’une vie qui « vaut le coup ».

Fred a longtemps travaillé plus de douze heures par jour, sept jours sur sept. Quand il dormait, son oeuvre provoquait ses rêves, comme la vie les nôtres. Il se levait souvent la nuit, pour voir « si le dessin était content ». Si tel était le cas, il se rendormait heureux.

En même temps, sa main était toujours en recherche, au plus intime de sa conscience, dans un état de rêve éveillé, avec une extraordinaire capacité d’écoute. Son enfance, le ressenti du corps, la vie des organes, les mystères de la naissance et de la fertilité, comme ceux de la mort, ont permis à son crayon ou à sa plume de cerner au plus près l’indicible, les mystères de la vie qu’il lui arrivait de traverser, comme au-delà du miroir.

Dès 1958, Fred avait déroulé son parcours artistique dans un roman devenu mythique, La Gana, entre autobiographie et autofiction, fantasme et clairvoyance.  Sa vie a pris tout son sens par l’art qui l’a fait accéder à une vie plus riche, lucidement. Il avait un besoin permanent de comprendre. Tout en dessinant, il s’interrogeait  sans relâche sur son activité créatrice dans des textes courts interrogatifs et poétiques.

Mais à la question « Croyez-vous à une vie après la mort ? », il m’a répondu sans hésiter :  « C’est mon dernier dessin qui le dira ».  Le dessin qui va au-delà des mots, du dicible, comme la vie.

Trois semaines après une opération chirurgicale lourde et incertaine, il signait, à 88 ans, un magnifique dessin « Fred Deux le dur », un autre « je voudrais m’arrêter, sans le pouvoir ». Vivre sans créer ce n’était pas possible pour lui.

Après de longs mois où il est resté allongé, protégé par Cécile, ses rêves l’ont emporté avec douceur vers les racines d’un ciel qu’il avait commencé à dessiner. Désormais ses failles (mot qu’il aimait), ses douleurs, ses angoisses, comme ses joies et son regard, peuvent nous mettre nous aussi en quêtes, en interrogations sur des aspects insoupçonnés de la vie.

A.M.

Exposition précédente

Robert Groborne, « La fragilité de l’éternité », sculptures et dessins

Autre salle : Jean Hélion, Bernard Réquichot, Fred Deux

Nous montrons à la galerie, du 7 septembre au 7 octobre, un ensemble de 35 sculptures et  10 dessins de Robert Groborne réalisés en 1986 et 2015. Il s’agit de l’ensemble des sculptures de Groborne qui restent disponibles, auxquelles s’ajoutent trois sculptures créées en 2017.

Si ces sculptures sont devenues rares, c’est qu’elles ne sont tirées qu’à un seul exemplaire, en raison du temps que l’artiste consacre à leur patine.

L’affleurement subtil et nuancé de couleurs à la surface du bronze contribue, comme une peau qui respire, à leur poésie et à leur mystère. Vivantes, elles interpellent le regard, non pas en dépit mais peut-être bien en raison de leur taille modeste. Elles ne s’imposent pas  à nous mais exigent que nous allions vers elles, en prenant notre temps et avec beaucoup d’attention. C’est alors que surgissent leur monumentalité et leur puissance existentielle.

La rigueur des lignes, manifeste aussi dans la série des importants dessins de 1986 et 1991 qui accompagnent l’exposition, ne reste pas cloisonnée dans un monde idéal. Elle est transcendée par ce qui pourrait l’annuler : le passage du temps et l’érosion des formes. Peut-être, pour exprimer la fragilité de l’éternité.

Hong Insook : « La nature, on ne peut que l’accompagner, pas l’asservir »

Le monde de Hong InSook est devenu ces deux dernières années un peu moins végétal, un peu plus minéral. Ses peintures évoquent parfois des formes humaines, animales ou divines, mais à la manière de certaines roches volcaniques, ou des nuages.
Sa peinture est gestuelle. Elle cherche à cerner au plus près les forces de création de la nature, avec des accents wagnériens qui emportent l’oeuvre dans leurs déferlements d’énergie.

Le travail de Hong InSook est dans une certaine lignée asiatique par l’usage qu’elle fait du papier, de l’eau et de l’encre de Chine. Mais il est aussi profondément original par la démarche conceptuelle qui l’incite à s’effacer devant des forces naturelles de création. Son mélange de gouache et d’encre de Chine est suffisamment fluide pour répondre aux moindres sollicitations de ses deux mains sur les feuilles de papier qu’elle a mouillé au préalable avec un vaporisateur, pour guider l’oeuvre, tout en lui permettant de juxtaposer des effets de transparence.
L’élément aquatique est ici aussi central que dans les rizières, et son action fait des oeuvres de Hong InSook les traces d’ un combat entre des forces antagonistes, entre la représentation et l’ abstraction.

La pratique de Hong InSook depuis 12 ans est une « pensée-paysage » féconde mais en retrait : l’artiste préfère ne pas trop expliciter. Dans sa culture, l’important n’est pas de dire mais de faire.

A.M.

Du 1er juin au 13 juillet 2017