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Exposition en cours

Hong Insook : « La nature, on ne peut que l’accompagner, pas l’asservir »

Le monde de Hong InSook est devenu ces deux dernières années un peu moins végétal, un peu plus minéral. Ses peintures évoquent parfois des formes humaines, animales ou divines, mais à la manière de certaines roches volcaniques, ou des nuages.
Sa peinture est gestuelle. Elle cherche à cerner au plus près les forces de création de la nature, avec des accents wagnériens qui emportent l’oeuvre dans leurs déferlements d’énergie.

Le travail de Hong InSook est dans une certaine lignée asiatique par l’usage qu’elle fait du papier, de l’eau et de l’encre de Chine. Mais il est aussi profondément original par la démarche conceptuelle qui l’incite à s’effacer devant des forces naturelles de création. Son mélange de gouache et d’encre de Chine est suffisamment fluide pour répondre aux moindres sollicitations de ses deux mains sur les feuilles de papier qu’elle a mouillé au préalable avec un vaporisateur, pour guider l’oeuvre, tout en lui permettant de juxtaposer des effets de transparence.
L’élément aquatique est ici aussi central que dans les rizières, et son action fait des oeuvres de Hong InSook les traces d’ un combat entre des forces antagonistes, entre la représentation et l’ abstraction.

La pratique de Hong InSook depuis 12 ans est une « pensée-paysage » féconde mais en retrait : l’artiste préfère ne pas trop expliciter. Dans sa culture, l’important n’est pas de dire mais de faire.

A.M.

Du 1er juin au 13 juillet 2017

Prochaine exposition

Robert Groborne, « La fragilité de l’éternité », sculptures et dessins

Nous montrons à la galerie, du 7 septembre au 7 octobre, un ensemble de 35 sculptures et  10 dessins de Robert Groborne réalisés en 1986 et 2015. Il s’agit de l’ensemble des sculptures de Groborne qui restent disponibles, auxquelles s’ajoutent trois sculptures créées en 2017.

Si ces sculptures sont devenues rares, c’est qu’elles ne sont tirées qu’à un seul exemplaire, en raison du temps que l’artiste consacre à leur patine.

L’affleurement subtil et nuancé de couleurs à la surface du bronze contribue, comme une peau qui respire, à leur poésie et à leur mystère. Vivantes, elles interpellent le regard, non pas en dépit mais peut-être bien en raison de leur taille modeste. Elles ne s’imposent pas  à nous mais exigent que nous allions vers elles, en prenant notre temps et avec beaucoup d’attention. C’est alors que surgissent leur monumentalité et leur puissance existentielle.

La rigueur des lignes, manifeste aussi dans la série des importants dessins de 1986 et 1991 qui accompagnent l’exposition, ne reste pas cloisonnée dans un monde idéal. Elle est transcendée par ce qui pourrait l’annuler : le passage du temps et l’érosion des formes. Peut-être, pour exprimer la fragilité de l’éternité.