Artistes > François Lunven

François Lunven

Oeuvres

Attente, 1964, gravure, 24,5 x 39,2 cm
Attente, 1964, gravure, 24,5 x 39,2 cm
François Lunven
Sans titre, 1970, huile sur Isorel, 114 x 193 cm
Hippocampe, 1965, gravure, 9 x 11 cm
Hippocampe, 1965, gravure, 9 x 11 cm
La dernière tentation, 1965, gravure, 24,8 x 39,2 cm
La dernière tentation, 1965, gravure, 24,8 x 39,2 cm
Sans titre, 1964, dessin crayon wolf sur papier, 30 x 38 cm
Sans titre, 1964, dessin crayon Wolf sur papier, 30 x 38 cm
Sans titre 1963 gravure 24 x 14 cm
Sans titre, 1963, gravure, 24 x 14 cm
Sans titre, 1965, dessin crayon Wolf, 25 x 39 cm
Sans titre, 1965, dessin crayon Wolf, 25 x 39 cm
Sans titre, 1970, huile sur toile, 114 x 193 cm 2
Sans titre, 1970, huile sur toile, 114 x 193 cm
Attente, 1964, gravure, 24,5 x 39,2 cm
François Lunven
Hippocampe, 1965, gravure, 9 x 11 cm
La dernière tentation, 1965, gravure, 24,8 x 39,2 cm
Sans titre, 1964, dessin crayon wolf sur papier, 30 x 38 cm
Sans titre 1963 gravure 24 x 14 cm
Sans titre, 1965, dessin crayon Wolf, 25 x 39 cm
Sans titre, 1970, huile sur toile, 114 x 193 cm 2

Expositions(principales)

Personnelles

Collectives

Biographie

1942 Naissance à Paris. Classe supérieure de dessin au Lycée Claude-Bernard à Paris. Nombreux voyages à l’étranger. Apprentissage des techniques de la gravure à l’atelier Lacourière-Frélaut.

1964 Mariage avec Hélène Delafargue.

1965 Naissance de son fils Tristan.

1971 Décès de François Lunven à l’âge de 29 ans.

1997 Représenté en exclusivité par la galerie Alain Margaron.

Bibliographie

– Catalogue Galerie Transat, préface de Bernard Noël, 1970

– Catalogue, préface de Pierre Dalle Nogare l’oeuvre gravé complet, 1981

– « A Vif, François Lunven et ses amis », textes de Ramon Alejandro, François Deck, Alain Le Foll, Jacques Le Maréchal, Vladimir Velickovic, Jean-Pierre Velly, 1984

– Lunven, dessins, Editions calligramme, 1987

– « Regards F. Lunven », textes de Ramon Alejandro, François Lunven, Bernard Nöel, 1989

– Lunven, gravures, texte de Manuel Jover (Alain Margaron Editeur), 1997

– François Lunven, textes de Ramon Alejandro, Gerard Durozoi, Manuel Jover, Bernard Nöel (Musée de l’Hospice saint-Roch/Alain Margaron Editeur), 2005

Collections Publiques

Musée de l’Hospice Saint-Roch, Issoudun

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris

Bibliothèque nationale de France, Paris

Victoria and Albert Museum, Londres

British Art Council, Londres

Biblioteca Nacional, Madrid

Musée d’Art moderne, New York

Musée d’Adélaïde, Australie

Musée de Skopje, ex-Yougoslavie

Musée de l’Abbaye Sainte-Croix, Sables-d’Olonne

Musée de Brest

Musée des Beaux-Arts de Nantes

Musée de Vannes

Présentation

L’intelligence et la vivacité intellectuelle impressionnaient ses interlocuteurs et ses amis –en particulier Bernard Noël et Pierre Gaudibert qui l’avait exposé au musée d’art moderne de la Ville de Paris–, a réalisé en 9 ans, de 1962 à 1971, une œuvre fulgurante, exceptionnelle et rare, cohérente de bout en bout.

Bien que contemporaine du Nouveau Réalisme, l’œuvre de François Lunven reste à part. L’artiste s’est lancé dans l’exploration d’une voie nouvelle alternative à l’art de l’époque préférant se concentrer sur la constitution de son univers propre en produisant une œuvre qui témoigne de l’avènement d’une société où le biologique deviendrait prédominant et où le virtuel supplanterait le réel.

Passionné d’anatomie, il passe beaucoup de temps dans les galeries du Muséum national d’Histoire naturelle où il scrute minutieusement le réel. Inspiré par ces corps, ces végétaux, ces insectes, il composera rapidement des organismes nouveaux, imaginaires et inquiétants par leur déroutante complexité. Déconcertantes, les œuvres de François Lunven nous proposent d’envisager l’étonnement du nouveau-né face à un monde aux formes inconnues.

On peut distinguer trois grandes périodes qui rythment le processus créatif de François Lunven : la première période dite « zoomorphe » donne à voir des formes aux allures animales, sorte de composites d’éléments empruntés à des invertébrés. Avec les mots de Spinoza, François Lunven affirme alors vouloir rivaliser avec la nature naturante pour produire une nature naturée. Une série de dessins au crayon Wolf datées de 1965 représentent des insectes parasites, des organismes nouveaux, monstres tracés d’une manière presque scientifique.

Pendant sa seconde période dite « organique » ou « anthropomorphe », François Lunven introduit des formes apparentées à des organes humains, en particulier dans des dessins au stylo-bille datés de 1966. Ces derniers, malgré la technique du stylo, sont d’une précision extrême et inventent un organisme squelettique, apparaissant comme un imaginaire qui se révèlerait à lui-même.

Les œuvres de cette période témoignent d’une grande connaissance de l’artiste des formes organiques qui s’harmonisent avec son sens du mouvement et son talent de dessinateur. Le rendu, les effets de matière et de lumière sont d’une grande intensité. Ici, nul décor mais des nouvelles morphologies qui s’imposent avec force et violence.

L’évolution du travail a ensuite été marquée par une nouvelle période que l’on pourrait appeler « hybride », quintessence des deux précédentes, au cours de laquelle se substitue une articulation mécanique dans une combinaison de l’organe et de l’objet industriel. Un hybride fait de chair et d’acier, où le naturel se greffe au mécanique.

A partir de 1966, l’artiste se lance dans la peinture sur toile pour en explorer ses possibilités. Il utilise alors un épiscope pour travailler ses grands formats. Ses tableaux sont issus d’une combinaison de dessins travaillés sur calque et grâce à ce procédé optique, il produit une œuvre à la fois aléatoire et qui confirme son désir de construire des mondes dans lesquels ni la perspective, ni les tentatives d’organisation n’ont de sens.

Sur beaucoup de ces peintures, la luminosité des fonds blancs cassés fait surgir l’objet qui constitue le sujet de la toile. Tantôt mécanique ou animal, vivant ou inerte l’objet dans ce fond de lumière, atténuant tout repère, semble à la fois immobile ou mouvant. Pour accentuer le trouble, alors que la majeure partie des éléments qui constituent le sujet-agrégat sont peints avec réalisme, d’autres restent à l’état d’esquisse.

Ces va-et-vient, d’une technique à une autre, confirment le talent de François Lunven. Quelque soit son medium, l’artiste propose d’exploiter ses compétences techniques jusqu’à l’infini, créant une œuvre polysémique dont l’interprétation reste libre, mais qui semble prémonitoire d’une société où la robotique, le virtuel et les biotechnologies exercent une influence prépondérante. Les formes réalisées par François Lunven se situent ainsi à la croisée des formes organiques, et des formes virtuelles voir robotiques, cristallisant ainsi une vision fulgurante et prospective.

Bernard Noël, qui fût, sans doute, l’ami le plus proche, parle, pour nous aider à décrypter son œuvre, « D ‘un répertoire où le machinal et le monstrueux se croisent et s’hybrident pour donner une image qui déchire la vue… François Lunven ne s’était-il pas lui-même nommé « morphologue » plutôt que peintre et graveur ? …Ayant pour ambition de créer un nouvel art sacré, la quête artistique de François Lunven s’est inspirée, tout au long de sa vie, de nombreux artistes et poètes de Jérôme Bosch à Antonin Artaud, en passant par Nerval, Rimbaud, Lautréamont ou Redon, et révèle une pensée extraordinairement complexe, qui mêle expérience personnelle, spiritualité, et psychanalyse. François Lunven enseignait tout le temps parce-que sa pensée était tout le temps le foyer d’une transformation, qui avait besoin d’échange et de partage, autant pour se nourrir que pour s’essayer ».

« Dans les premières années de sa vie de peintre, François Lunven s’est beaucoup intéressé à la biologie (…). Fasciné par les arthropodes, crustacés et insectes principalement, il passait de longues heures au Museum et plus longtemps encore à observer de petits bouts de pattes de crabes ou d’araignée de mer, des morceaux de carapace, un corps de sauterelle… Tout ce qui touchait au squelette, à l’os l’intéressait. » Dans les premières années de sa vie de peintre, François Lunven s’est beaucoup intéressé à la biologie (…). La notion d’entropie habitait aussi son esprit. Il avait connu cela par hasard, m’avait interrogé et je lui avais fait lire « La science et la théorie de l’information » de Léon Brillouin. Deux points étaient surtout l’objet de discussion : l’évolution inéluctable de tout système vivant vers un état de désordre de plus en plus grand et le fait que la vie retarde malgré tout cette évolution. L’idée que la mort et le désordre sont, en quelque sorte, synonymes l’intéressait au plus haut point. Réfléchissant sur l’énergie, il en était venu à s’intéresser aux origines de la vie. Ce n’est pas par hasard qu’une de ces gravures est intitulée « Naissance de l’entropie » ni que certaines autres (…) tournent autour de la naissance ». (Bernard Canguillem ,1987)