Michel Macréau
Dans les années 60, Michel Macréau déployait une extraordinaire énergie en bondissant autour de la toile ou du papier à même le sol sans recul, pour laisser une place au hasard et une plus grande liberté au regardeur.
Tout en veillant attentivement au rapport des couleurs et à la construction des formes. Son souci simultané de la construction explique qu’elle intrigue toujours autant.
Ses interrogations sur notre identité, nos complémentarités de genre, les rapports de couple sont d’une grande actualité.
À la fin des années 60, je me demandais, m’a-t-il dit, si ce que je faisais avait du sens et même si c’était de l’art.
Michel Macréau retrouve confiance au début des années 80, avec l’arrivée de la « figuration libre » en France, dont justement Robert Combas, et à l’étranger Penck et surtout Basquiat auquel, certaines de ses œuvres peuvent faire penser.
« Je trouve que le rapport avec Basquiat est évident. Certains tableaux sont tres proches mais les gens ne veulent pas le voit. Dans le passé, je me suis amusé à faire passer des messages de ses œuvres – comme certaines têtes – pour du Basquiat et ça fonctionnait. » (Robert Combas, 2014).
Né en 1935 à Paris, Michel Macréau grandit dans un environnement familial difficile. Cette expérience précoce nourrit un rapport direct et sans détour au réel, qui traverse l’ensemble de son œuvre.
Autodidacte, il commence à peindre à la fin des années 1950, développant rapidement un langage personnel, en dehors des cadres académiques.
Au début des années 1960, il est repéré par la Galerie Raymond Cordier où il expose régulièrement. S’il s’inscrit dans le contexte de la Nouvelle Figuration, il conserve une position indépendante, à distance des mouvements constitués.
Sa peinture associe figures, signes et mots dans un espace sans hiérarchie. Le corps, souvent fragmenté, y est omniprésent, de même qu’un usage direct de l’écriture, où se mêlent violence, désir et immédiateté.
Par son recours précoce au texte et à une figuration libre, il apparaît aujourd’hui comme une figure pionnière, dont l’œuvre entre en résonance avec des pratiques artistiques plus tardives.
Après une période de reconnaissance dans les années 1960, son travail se développe en marge des circuits dominants, dans une relative précarité. Il fait aujourd’hui l’objet d’un regain d’intérêt.
Il meurt à Paris en 1995.
Les expositions de Michel Macréau
1962 – Galerie Raymond Cordier, Paris.
1967 – Galerie T, Haarlem.
1974 – Les Graffitis de Michel Macréau, Galerie l’Œil de Bœuf, Paris.
1985 – Galerie Barbier Belz
1989 – Exposition personelle, Fiac, Paris.
1992 – Rétrospective, Musée-château d’Annecy.
1994 – Première exposition individuelle à la galerie Alain Margaron qui montrera ensuite régulièrement son oeuvre.
1995 – Rétrospective, Maison de la culture / Musée des Arts décoratifs / Chapelle du Bon-Pasteur, Bourges.
1996 – Rétrospective, Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle, Alençon.
1997 – Rétrospective, Centre d’Art Contemporain, Istres.
1999 – Espace Paul Rebeyrolle, Eymoutiers.
2001 – Musée Ziem, Martigues.
2009 – Halle Saint-Pierre, Paris.
1966 – Opinião 66, Musée d’Art moderne, Rio de Janeiro.
1967 – Bande dessinée et figuration narrative, Musée des Arts décoratifs, Paris.
1990 – Pour saluer le dessin, Musée Ingres, Montauban.
1990 – Le Visage dans l’art contemporain, Musée des Jacobins, Toulouse, puis Musée du Luxembourg, Paris.
Bibliographie
1992 – Michel Macréau, catalogue de la rétrospective, Musée-château d’Annecy
1995 – Michel Macréau, catalogue de la rétrospective, Maison de la culture / Musée des Arts décoratifs / Chapelle du Bon-Pasteur, Bourges
2001 – Michel Macréau, catalogue d’exposition, Musée Ziem
2022 – Michel Macréau, Musée d’Art Moderne de Paris




