André Derain

(1880-1954)

L’œuvre d’André Derain ne se limite pas au fauvisme dont il fut l’un des principaux protagonistes, ni au premier cubisme.

Il s’en éloigne très tôt pour engager une recherche apparemment plus classique, marquée à la fois par son amour de la peinture (ses innovations rassemblent plutôt qu’elles excluent des avancées picturales antérieures) et par son expérience des tranchées qui lui a fait éprouver un besoin vital de réhabiliter le corps humain, de représenter des visages, des nus féminins, la nature et ses  fruits.

Son œuvre nécessite une double lecture et des analyse formelles  minutieuses pour en découvrir la complexité et le sens caché.

Derain a construit ainsi une œuvre singulière et forte qui s’inscrit dans une réflexion continue sur les fondements de la peinture. Une référence pour de nombreux grands artistes de son époque : Giacometti, Balthus, Braque, Matisse, Picasso…

Biographie

Né en 1880 à Chatou, André Derain s’inscrit dès le début du XXᵉ siècle dans le contexte des avant-gardes parisiennes. Aux côtés de Henri Matisse et Maurice de Vlaminck, il participe aux expériences fondatrices du fauvisme, dont il est l’un des acteurs majeurs.

À partir de 1907, son travail évolue vers une recherche plus construite, nourrie par l’héritage de Paul Cézanne et par une attention portée aux formes archaïques. Cette évolution l’amène à développer une peinture plus intériorisée, parfois qualifiée de “gothique” ou byzantine, où la figure s’impose avec retenue.

Après la Première Guerre mondiale, à laquelle il participe, son œuvre s’inscrit dans un dialogue approfondi avec la tradition picturale. Paysages, figures et natures mortes témoignent d’une recherche d’équilibre et de permanence, en résonance avec les maîtres anciens, de Nicolas Poussin à Corot ou Renoir.

Derain construit une œuvre indépendante, marquée par une réflexion constante sur les fondements de la peinture. Ce positionnement, en décalage avec les récits dominants de l’art moderne, a contribué à une réception plus contrastée de son travail, surtout après la mort de son marchand, Paul Guillaume en 1934.

Il a, pourtant, entretenu un dialogue constant avec de nombreuses artistes majeurs  de son temps, en particulier, Matisse, Braque, Picasso, Balthus. Alberto Giacometti voyait en lui « le peintre qui [lui] a le plus apporté depuis Cézanne », soulignant la portée et la singularité de son œuvre dans l’histoire de la peinture du XXᵉ siècle, y compris, surtout même a-il précisé, dans sa dernière période.

André Derain meurt en 1954 à Garches.

Les expositions de André Derain

Principales expositions personnelles récentes
(liste non exhaustive)

1981-1982 – A. Derain, Fondation Septentrion, Marcq-en-Barœul
1991 – André Derain, Musée d’Art Moderne, Troyes
1991-1992 – André Derain, Musée de l’Orangerie, Paris
1994–1995 – André Derain. Le peintre du “trouble moderne”, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
2007 – Derain : sculpteur & photographe, Musée des Beaux-Arts de Carcassonne
2017-2018 – André Derain, 1904–1914. La décennie radicale, Centre Pompidou, Paris

 

Principales expositions collectives récentes
(liste non exhaustive)

1951 – Le Fauvisme, Musée National d’Art Moderne, Paris
1952-1953 – Les Fauves, Museum of Modern Art, New York
2017 – Derain, Balthus, Giacometti. Une amitié artistique, Musée d’Art Moderne de Paris

Bibliographie

1944 – Clement Greenberg, textes critiques sur André Derain
1952 – Les Fauves, Museum of Modern Art
1981 – A. Derain, Fondation Septentrion, Marcq-en-Barœul
1991 – André Derain, Musée de l’Orangerie
1994 – André Derain. Le peintre du « trouble moderne », Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
1995 – Mon cher André Derain, François Rouan
2007 – Derain : sculpteur et photographe, Musée des Beaux-Arts de Carcassonne
2015 – Derain, Le titan foudroyé. Michel Charzat, Hazan
2017 – André Derain, 1904–1914. La décennie radicale, Centre Pompidou2024 – Derain et ses amis, Michel Charzat, Gourcuff Gradenigo