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Fred Deux

Oeuvres

Fred Deux, « Mon hivers », 1951, encre de Chine et peinture cellulosique sur papier, 32 x 41,5 cm
Fred Deux, « Mon hivers », 1951, encre de Chine et peinture cellulosique sur papier, 32 x 41,5 cm
Fred Deux, Sans titre, 1961, 31,5 x 33 cm
Fred Deux, Sans titre, 1961, 31,5 x 33 cm
Fred Deux,
Fred Deux, "Coeur de boeuf", 1962, encre de Chine sur papier sirius, 72 x 102 cm
Fred Deux, « Rêve érotique du veuf », 1966, 37 x 19,5 cm
Fred Deux, « Rêve érotique du veuf », 1966, 37 x 19,5 cm
Fred Deux, « Coulée centrale (larme incandescente) », 1972, 44 x 36,5 cm
Fred Deux, « Coulée centrale (larme incandescente) », 1972, 44 x 36,5 cm
Dépassement, 1974, crayon et peinture cellulosique sur papier Sirius, 80 x 57 cm
Dépassement, 1974, crayon et peinture cellulosique sur papier Sirius, 80 x 57 cm
1981, « Autoportrait », 1981, Mine de plomb sur papier, 75 x 50,5 cm
Fred Deux, « Autoportrait », 1981, Mine de plomb sur papier, 75 x 50,5 cm
1995, Le roi du monde, 1995, mine de plomb et aquarelle, 66 x 52 cm
Fred Deux, "Le roi du monde", 1995, mine de plomb et aquarelle, 66 x 52 cm
Bienheureux mortels, 1996, mine de plomb et aquarelle, 76,5 x 57 cm
Bienheureux mortels, 1996, mine de plomb et aquarelle, 76,5 x 57 cm
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Soudain l'éblouissement, 2002, encre de Chine et crayon sur tâche argentée sur papier, 104 x 66 cm
Les aspects de l'homme merveilleux, 2004, encre sur papier Aquarelle Arches, 75 x 58 cm
Les aspects de l'homme merveilleux, 2004, encre sur papier Aquarelle Arches, 75 x 58 cm
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Dessin parlant, 2011, mine de plomb et encre, 65 x 50 cm
Je veux m’arrêter sans le savoir, mai 2011, mine de plomb et encre, 65 x 50 cm
Je veux m’arrêter sans le pouvoir, mai 2011, mine de plomb et encre, 65 x 50 cm
Fred Deux,
Fred Deux, "Nécessaire de la plaie", 2011, 76 x 57 cm
Sans titre, 2012, 56x36cm
Sans titre, 2012, encres, 56 x 35cm
Sans titre, mars 2012, encres, 72 x 60 cm
Sans titre, mars 2012, encres, 72 x 60 cm
Fred Deux, « Mon hivers », 1951, encre de Chine et peinture cellulosique sur papier, 32 x 41,5 cm
Fred Deux, Sans titre, 1961, 31,5 x 33 cm
Fred Deux,
Fred Deux, « Rêve érotique du veuf », 1966, 37 x 19,5 cm
Fred Deux, « Coulée centrale (larme incandescente) », 1972, 44 x 36,5 cm
Dépassement, 1974, crayon et peinture cellulosique sur papier Sirius, 80 x 57 cm
1981, « Autoportrait », 1981, Mine de plomb sur papier, 75 x 50,5 cm
1995, Le roi du monde, 1995, mine de plomb et aquarelle, 66 x 52 cm
Bienheureux mortels, 1996, mine de plomb et aquarelle, 76,5 x 57 cm
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Les aspects de l'homme merveilleux, 2004, encre sur papier Aquarelle Arches, 75 x 58 cm
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Je veux m’arrêter sans le savoir, mai 2011, mine de plomb et encre, 65 x 50 cm
Fred Deux,
Sans titre, 2012, 56x36cm
Sans titre, mars 2012, encres, 72 x 60 cm

Expositions(principales)

Personnelles

1953 « Exposition personnelle », Librairie-Galerie Le Fanal, Paris

1989 « Fred Deux, l'oeuvre graphique », Musée Cantini, Marseille

1990 « Fred Deux, l'oeuvre graphique », Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Paris

1990 « Fred Deux, l'oeuvre graphique », Musée de l'Hospice Saint-Roch, Issoudun

1995 « Rétrospective », Musée de Bochum, Allemagne

2004 « Fred Deux. L'alter ego. », Cabinet d'art graphique, Centre Pompidou, Paris

2009 « Rétrospective », Musée de la Halle Saint-Pierre, Paris

2014 « Fred Deux, le livre de la vie », Musée Panorama, Allemagne

2014 « Fred Deux, le dessin à corps perdu », Musée de l'Hospice Saint-Roch, Issoudun

2015 « Fred Deux, le for intérieur », Musée Jenisch, Suisse

2017 « Le Monde de Fred Deux, Rétrospective », Musée des Beaux-Arts, Lyon

Collectives

2015 « Quatre dessinateurs : Dado, Fred Deux, Georges Lauro, Louis Pons », Galerie Chave, Vence

Biographie

1924 Naissance à Boulogne-Billancourt. La famille Deux vit dans la cave d’un immeuble proche de la Seine parfois inondée. Ces conditions de vie forment aussi le noyau biographique autour duquel se développera l’œuvre du futur écrivain et artiste.

1942 Travaille en usine comme électricien d’entretien de nuit.

1943 Fred Deux s’engage dans le groupe FTP de résistance de l’usine, puis il rejoint le maquis du Doubs.

1945 À la Libération, il s’engage dans les goums marocains et fait les campagnes des Vosges, d’Alsace et d’Allemagne.

1947 Retour en France. Installation à Marseille. Travaille dans une librairie importante qui appartient à la famille de son épouse.

1948 Découvre Breton, Bataille, Cendrars, Péret, Sade… Fonde le sous-groupe des surréalistes de Marseille et se lie avec l’équipe des Cahiers du Sud. Révélation de l’œuvre de Paul Klee. Il réalise ses premières taches avec de la peinture pour bicyclette ainsi que des impressions (tissu et encre). Parallèlement, il commence à prendre des notes pour ce qui deviendra « Les Rats », première version de « La Gana ».

1950 Karl Flinker, de passage à Marseille, repère ses dessins. Jean Cassou directeur du musée national d’art moderne lui consacre un texte dans les Cahiers du Sud. Installation à Paris ; rencontre André Breton, devient membre du groupe surréaliste.

1951 Rencontre Cécile Reims, graveur, qui devient sa compagne.

1954 Rupture avec le groupe surréaliste.

1958 Publication par Maurice Nadeau de « La Gana ».

1999 Entre à la galerie Alain Margaron qui le représente en exclusivité depuis 2001.

2015 Mort de l’artiste à 91 ans.

Bibliographie

– « Fred Deux, L’alter ego », (Centre Pompidou), 2004

– « Traits d’Union », (Ateliers des Brisants, coll. Alain Margaron), 2007« Fred Deux au XXIe siècle », (Alain Margaron Editeur), 2010

– « Fred Deux, Dessins bruissants, pensées murmurées », (Alain Margaron Editeur), 2013

– « Fred Deux, Le livre de la vie », (édition Panorama Museum), 2014

– « Fred Deux, Le dessin à corps perdu », (édition Musée de l’Hospice Saint-Roch), 2014

– « Fred Deux, Le For intérieur », (co-édition Vevey, Musée Jenisch / Paris, Les Cahiers dessinés), 2015

– « Le Monde de Fred Deux », catalogue d’exposition de la rétrospective du Musée des Beaux-Arts de Lyon, éd. Lienart, 2017

Collections Publiques

Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris

Musée des beaux-arts, Lyon

Bibliothèque nationale, Paris

Centre national d’art contemporain, Paris

Musée Cantini, Marseille

Musée de l’Hospice Saint-Roch, Issoudun

Musée de Bochum, Allemagne

Musée Panorama, Allemagne

Musée Jenisch, Vevey, Suisse

Présentation

Mort en septembre 2015, à 91 ans, Fred Deux a consacré 65 ans de son existence à l’écoute du vivant et transposé sa vie sur ses tables à dessins.

Dessinateur, mais également auteur d’une oeuvre écrite et orale importante, dont la Gana souvent rééditée et encore citée dans les recommandations de lectures de grands magazines, la Perruque, de remarquables poésies, de très longues heures d’enregistrements… il commence à être reconnu comme l’un des grands artistes français de la seconde moitié du XXème siècle, un artiste complet dont les écrits ont nourri les dessins et inversement.

Les expositions individuelles dans les musées, accompagnées de publications se multiplient : à Paris, au musée national d’art moderne, Centre Pompidou, en 2004 et à la halle Saint Pierre, en 2009 ; en Suisse, à Vevey, au musée Jenisch, au printemps 2015 ; en Allemagne, au musée Panorama de juin à octobre 2014. Pour ses 90 ans, le musée d’Issoudun lui a consacré, durant toute l’année 2014, trois accrochages, au delà de la salle permanente qui lui est réservée ainsi qu’à son épouse, Cécile Reims. Le musée des Beaux Arts de Lyon lui a consacré une importante rétrospective en 2017.

Fred Deux a affirmé son cheminement dès la fin des années 50 dans la Gana. Il n’ a jamais dévié de sa ligne depuis, rejetant avec force, parfois avec violence, toute tentative d’ interférence extérieure dans sa création, même de ses proches. Il a, en 1954, claqué la porte du groupe surréaliste malgré tous les avantages qu’il aurait pu y trouver ; il est parti quand Matta et Brauner – ses premiers acheteurs – lui ont proposé de réaliser des œuvres ensemble; il n’ a jamais hésité à se séparer de ses marchands qui le comprenaient mal.

Immergé dans son époque, proche de poètes et de penseurs contemporains qu’il lisait attentivement, concerné par le débat politique, attentif aux autres (il recevait régulièrement des visiteurs), il a pourtant préféré le calme de ses maisons successives dans le Jura puis dans le Berry à l’agitation parisienne.

C’est avec discipline qu’ il a toujours travaillé, tant que sa santé lui a permis sept jours par semaine, de très nombreuses heures par jour, se réveillant même souvent la nuit pour voir « si le dessin en cours était content », dessin dont il lui arrivait fréquemment de rêver.

Ces dessins sont d’ un toucher exceptionnel, comme l’ histoire de la peinture en révèle peu, mais jamais pour « faire beau ». Il se méfiait de son extraordinaire talent, n’hésitant pas à la fin des années 60 à changer de papier au profit d’un japon rugueux afin de « se casser la main ».

Sa main était toujours en recherche, au plus intime de sa conscience, dans un état de rêve éveillé. Ses souvenirs d’enfance, le ressenti du corps, la vie des organes, les mystères de la naissance et de la fertilité, comme ceux de la mort, conduisaient son crayon ou sa plume au plus près de l’indicible. Ses failles, ses douleurs, ses angoisses, se transformaient en quêtes.

Nous avons centré notre exposition autour de ses très importants « autoportraits » du début des années 80. Ils sont comme la quintessence de sa longue méditation pendant 60 ans sur les mystères de notre vie. Et nous avons logiquement choisi comme titre « le livre de la vie ». C’ est celui de l’exposition que nous avions co-organisée en 2014 avec le musée Panorama.

« Quand le dessin devient une telle épreuve existentielle, il espère de certains spectateurs un regard attentif autres que le simple coup d’œil global, la lecture esthétique ou l’analyse sémiotique. L’œil doit entrer dans ces filaments noirs avec leurs résilles et leurs circonvolutions, se perdre dans les pages blanches, se heurter sans cesse au clivage de l’ être, avec ce que ce mot magique évoque de dissociation et de dédoublement. Le vide que désigne le trait renvoie à notre propre vide à notre quête d’un centre lumineux », a écrit Pierre Gaudibert pour une exposition sur ces autoportraits en 1982 au musée de Grenoble.

La plupart de ses dessins depuis les années 80 sont accompagnés de poèmes en prose sur son questionnement au moment où il les a réalisés.
A la question « Croyez-vous à une vie après la mort ? », il m’a répondu un jour : « C’est mon dernier dessin qui le dira ». Le dessin qui va au delà des mots, du dicible.

Une profonde amitié m’a lié à Fred dont j’ avais commencé à collectionner les œuvres bien avant l’ouverture de la galerie. Notre rencontre en 1999 a initié une étape importante dans la vie de la galerie. Très vite, Fred Deux et Cécile, m’ont proposé de m’engager à long terme sur l’ensemble de son oeuvre. Une responsabilité dont je mesure tout le poids et l’enjeu.

Pour l’artiste et à l’ami proche, un mot s’impose, celui de résistant : pendant la guerre, comme d’autres ; mais aussi contre une dépression lourde, dans les années 70 ; contre la maladie et la chape de plomb des hôpitaux. En février 2011, à peine conscient, il a su se jouer, avec humour, de la sottise d’un neurologue d’hôpital qui le condamnait aux calmants et, trois semaines après une opération chirurgicale incertaine, il signait, à 88 ans, un magnifique dessin « Fred Deux le dur », un autre: « je voudrais m’arrêter, sans le pouvoir »; contre la mort qui s’ avançait et qu’il a su tenir à distance longtemps, déjouant tous les pronostiques médicaux, et vivre comme une transition douce, aidé par la tendresse attentive de Cécile et la musique de son compositeur préféré, Bach.

C’est cette énergie, cette puissance de vie, cette liberté qui fait sauter les entraves qui lui ont permis de transposer dans beaucoup de dessins, y compris les récents, une puissance de vie elle-même libératrice.

A.M.

Du 20 septembre 2017 au 8 janvier 2018, le Musée des Beaux-Arts de Lyon a consacré une importante rétrospective à Fred Deux. En savoir plus.

 

Reproductions de quelques oeuvres parmi les 192 des collections du Centre Pompidou:

Otage, 1964Kenose1981Ce lieu de ma naissance1997L’enveloppe, l’écorce1980 / Autoportrait illisible un temps1981 / La transmission par le dessin2003 / Du dessin pour le vocable1997 / A l’ombre du mythe1992 / La confession négative1998 / Je dessine lentement1978

Oeuvres des collections du Musée d’art Moderne de la Ville de Paris: