
Feuillages, 1963, 59,5 x 81cm, Gouache sur carton marouflé sur toile
Nous organisons, jusqu’au 16 mai 2026, une rétrospective consacrée à Anselme Boix-Vives (1899-1969).
Né en Catalogne, après une enfance de berger illettré, Anselme Boix-Vives émigre en France en 1917, et devient, à Moûtiers (près de Courchevel), un marchand de fruits et légumes prospère, philanthrope et utopique. Il élabore ainsi, de 1955 à 1961, quatre plans pour la paix universelle par le travail, sur la base d’un entreprenariat individuel favorisé par le crédit, n’hésite pas à l’envoyer aux grands de ce monde, porte un regard bienveillant sur les choses et les gens, veut contribuer à notre joie de vivre.
Il ne peint pas que pour lui mais pour être compris, aimé et partager ainsi un idéal de vie, tout en se moquant dans certains portraits, plutôt gentiment, de ceux qui passent à côté.
Son oeuvre visionnaire et utopique présente un monde harmonieux où les vivants, humains et animaux, et la nature s’entendent.
Boix-Vives a commencé à peindre à 63 ans, en 1962, après la mort de sa femme, et, peut-être aussi, dit-on, parce que la marchande de couleurs était jolie !
Il a été initié à la peinture par son fils Michel, ancien des Beaux-arts et décorateur en vogue, qui l’a encouragé à prendre les pinceaux, et a organisé ses premiers contacts parisiens. En sept ans, Boix-Vives a réalisé deux mille peintures et 400 dessins, développé un univers immédiatement reconnaissable, caractérisé par l’intensité de la couleur, la frontalité des figures, une vision du monde solidement ancrée dans la nature. Son œuvre est le fruit d’une imagination fertilisée par un sens aigu de l’observation.
Un peintre catalan, Manuel Duque, lui a fait visiter le Louvre où il a regardé attentivement, sans se départir de son humour et d’une certaine assurance : trop de tableaux ne lui paraissaient pas finis !
Anselme Boix-Vives a surtout été marqué par l’art populaire des chapelles romanes de la Catalogne pour ses personnages et par la luxuriance baroque des chapelles de Savoie pour ses compositions, avec un besoin revendiqué du décoratif…