Le Boix-Vives illettré, dont l’orthographe est difficile à déchiffrer, n’en n’est pas moins devenu poète et conteur. Il y a dans ses peintures du Jean de la Fontaine et du Charles Perrault.
Son oeuvre est celle d’un homme équilibré qui a nourri son extraordinaire imagination d’un sens aigu de l’observation de la nature, des animaux, des gens, du peu de l’art – architecture, sculpture, peinture – qu’il a pu voir et su assimiler.
Des interviews filmées révèlent la vivacité de son intelligence, comment il jouait, sans méchanceté, des vaniteux ou sa joie d’apprendre à dessiner à un «vieux» du village particulièrement doué. Un grand-père idéal en quelque sorte, qu’aurait pu aimer Jean Jacques Rousseau !
On le rapproche parfois d’un autre Rousseau, le douanier (surtout dans sa dernière période, après son passage de la gouache au Ripolin en 1965), plus souvent de Séraphine de Senlis. Toutefois, Boix-Vives offre un registre de sujets beaucoup plus large que cette dernière, surtout intéressée par les fleurs,
Il se présente lui-même dans l’affiche peinte, dessinée et pleine de vie reproduite ci-dessus comme primitif et moderne. Effectivement, son œuvre rejoint certaines formes d’artistes primitifs, en particulier d’Amérique latine, sans être étrangère à l’histoire de l’art, en particulier de son siècle.
Boix-Vives commence à prendre sa place dans les grandes collections d’Art Brut, notamment, celle du Centre Pompidou (donation Bruno Decharme) et celle d’Antoine Frérot.
Son œuvre a fait l’objet d’un important catalogue raisonné, en deux volumes. Il a été soutenu très tôt par l’influent commissaire d’exposition Harold Szeemann et par le pape du surréalisme, André Breton, exposée dans des galeries reconnues pour le sérieux de leurs choix (Denise Bretaux à Paris, Alice Pauli et Varenne en Suisse, de nombreuses autres en Europe et aux Etats-Unis). Quelques expositions institutionnelles marquantes : la Kunsthalle de Berne en 1964 (Harold Szeemann), la Halle Saint Pierre, en 2009 (Martine Lussardy), le musée de Chambéry en 2013 (Jean-François Chevrier). Il a été défendu par Corneille et Alechinsky, et c’est avec enthousiasme que l’un des artistes les plus influents de la scène internationale vient de le découvrir à la galerie.
Grâce à Michel, son fils peintre et décorateur, ses oeuvres révèlent une compréhension immédiate de certaines recherches artistiques du XXeme, de façon très fluide, sans nuire ni à leur spontanéité, ni à leur cohérence, ni à leur originalité.
Nous le présentons régulièrement depuis 1995, et avons édité en 2009 deux livres sur son œuvre, par Emmanuel Daydé: L’aménagement du monde et Sous la dictée de l’Ange ( éditions Alain Margaron).
La plupart des tableaux et dessins exposés proviennent de la famille de l’artiste, surtout de son fils, Laurent Boix-Vives, un autre créateur visionnaire, des … Skis Rossignol !
AM.