Dado

" La peinture selon Saint Luc "

Du 14 novembre au 21 décembre 2019, nous consacrons notre nouvel accrochage à Dado. Nous avons sélectionné pour cette exposition une quarantaine d'oeuvres en montrant comment un artiste maltraite la peinture sous l’égide du patron des peintres.

Galerie Alain Margaron, Paris

Du 14 novembre 2019 au 21 décembre 2019

Vers 2000, Dado a voulu casser les codes de ses peintures, mais sous l’égide du patron des peintres, Saint-Luc. J’ai découvert une huile sur drap de lin, de grand format, bicolore - sanguine, un peu de bleu - plus dessinée que peinte. Aucune recherche d’effets. J’avais devant moi un condensé vivant de son travail à fresque sur les murs de la chapelle d’une ancienne léproserie près de chez lui à coté de Gisors, sa grande oeuvre, celle qui allait régénérer sa pratique artistique. Cette chapelle, il l’a baptisée précisément la chapelle Saint-Luc, titre que nous reprendrons pour notre catalogue.


Puis j’ai vu Dado casser ses peintures et dessins, en les martyrisant, en les découpant pour leur donner vie sous forme de collages où rien n’est laissé au hasard, malgré parfois quelques dessins d’enfant, comme des plages d’innocence. Les codes de la séduction sont brisés, et l’horreur n’est plus anesthésiée par l’image. 


Quant à ses peintures sur drap, il a vite coupé court à la répétition, en les froissant, pliant, déchirant. Il les a clouées sur bois, on pourrait presque dire crucifiées, recouvertes d’autres coups de pinceau pour faire émerger un regard perçant d’outre-tombe ou des traces de sang ; rien de séduisant non plus mais une puissance sacrée.


Il a dédicacé plusieurs de ces oeuvres à Bernard Réquichot qu’il avait rencontré à la galerie Daniel Cordier  qui avait lui aussi cassé les codes de la peinture sans y renoncer, dans les années 50.


Dado renoue alors avec la force de ses oeuvres de 1960, rendues presque abstraites par l’atomisation des formes, mais où survivent des crânes, des silhouettes. 


A.M.