Artistes > René Laubiès

René Laubiès

Oeuvres

René Laubiès, Sans titre, 1988, huile sur papier marouflé sur toile, 51 x 71 cm
René Laubiès, Sans titre, 1988, huile sur papier marouflé sur toile, 51 x 71 cm
René Laubiès, Sans titre, 1963, huile sur papier marouflé sur toile, 54 x 56,5 cm
René Laubiès, Sans titre, 1963, huile sur papier marouflé sur toile, 54 x 56,5 cm
Sans titre, 1964, huile sur papier marouflé sur toile, 51 x 54 cm
Sans titre, 1964, huile sur papier marouflé sur toile, 51 x 54 cm
Sans titre, 2000, huile sur papier marouflé sur toile, 51 x 67 cm
Sans titre, 2000, huile sur papier marouflé sur toile, 51 x 67 cm
Sans-titre-1953-huile-sur-papier-marouflé-sur-Isorel-67-x-50-cm
Sans titre, 1953, huile sur papier marouflé sur Isorel, 67 x 50 cm
René Laubiès, Sans titre, SD, huile sur papier marouflé sur toile, 46 x 65 cm
René Laubiès, Sans titre, SD, huile sur papier marouflé sur toile, 46 x 65 cm
Sans titre, 1964, huile sur papier marouflé sur toile, 67 x 102 cm
Sans titre, 1964, huile sur papier marouflé sur toile, 67 x 102 cm
Sans titre, 1992, huile sur papier marouflé sur toile, 42 x 35 cm
Sans titre, 1992, huile sur papier marouflé sur toile, 42 x 35 cm
René Laubiès, Sans titre, 2004, encres, 33 x 54 cm
René Laubiès, Sans titre, 2004, encres, 33 x 54 cm
René Laubiès, Sans titre, Aquarelle, 1991, 26,5 x 36,5 cm
René Laubiès, Sans titre, Aquarelle, 1991, 26,5 x 36,5 cm
René Laubiès, Sans titre, 1988, huile sur papier marouflé sur toile, 51 x 71 cm
René Laubiès, Sans titre, 1963, huile sur papier marouflé sur toile, 54 x 56,5 cm
Sans titre, 1964, huile sur papier marouflé sur toile, 51 x 54 cm
Sans titre, 2000, huile sur papier marouflé sur toile, 51 x 67 cm
Sans-titre-1953-huile-sur-papier-marouflé-sur-Isorel-67-x-50-cm
René Laubiès, Sans titre, SD, huile sur papier marouflé sur toile, 46 x 65 cm
Sans titre, 1964, huile sur papier marouflé sur toile, 67 x 102 cm
Sans titre, 1992, huile sur papier marouflé sur toile, 42 x 35 cm
René Laubiès, Sans titre, 2004, encres, 33 x 54 cm
René Laubiès, Sans titre, Aquarelle, 1991, 26,5 x 36,5 cm

Expositions(principales)

Personnelles

1994 « René Laubiès, 40 ans … autour du monde », Musée d'art moderne et contemporain, Nice

1999 « Œuvres des années 1950/1960, tableaux à signes », Galerie Olivier Nouvellet, Paris

2007 « René Laubiès, peintre de la sérénité », Musée Bochum, Allemagne

2019 « René Laubiès. L'instantané, le fugitif, la trace », Musée de l'Abbaye Sainte-Croix, Les Sables d'Olonne

Collectives

Biographie

1922 Naissance à Saïgon, d’un père homme d’affaire français et d’une mère descendante d’une famille de mandarins du sud de la Chine. Enfance et adolescence entre Dalat. Haïphong, Saïgon. Puis études à Nice et Rabat.

1949 Installation à Paris d’où il fait deux longs voyages lointains chaque année pour peindre, essentiellement en Asie.

1957 Séjour aux Etats-Unis. Très proche de Ezra Pound dont il traduit les Cantos et de Robert Creeley avec qui il réalise deux livres d’artistes dont The immoral proposition. Ensuite fera chaque année deux longs séjours hors de France, principalement en Asie, pour peindre.

2001 Entre à la galerie Alain Margaron qui le représente désormais en exclusivité.

2006 Mort de l’artiste.

Bibliographie

– Laubiès, Une peinture aristocratique, texte de René Déroudille, (éditions A la tête d’or et George Wittenborn), 1957

– René Laubiès, Peinture, aquarelles et encres de 1949 à 2003, texte de Daniel Abadie, (Alain Margaron Editeur), 2003

– Laubiès, peintre de la sérénité, textes de Daniel Abadie, Sepp Hickisch-Picard, Hans Günter Golinski, Lydia Harambourg, Robert Creeley, Martial Raysse, Georges Salles (L’Atelier des Brisants), 2007

– René Laubiès, les années 50 (Alain Margaron Editeur), 2012

– René Laubiès, L’Infini de l’esprit – les années 60, textes de Laurent Boudier et Alain Margaron (Alain Margaron Editeur), 2014

Collections Publiques

Musée d'art moderne Paris

Fonds National d’Art Contemporain, Paris

Bibliothèque Doucet, Paris

Bibliothèque de la Ville de Nice

Bibliothèque de la Ville de Nîmes

Musée du Val de Marne

Musée de Poitiers

Musée d’Evreux (legs J. Blot)

Musée Rigaud, Perpignan (legs Rey)

Musée de Dijon (collection Granville)

Galleria Arte Moderna, Rome

Pinacothèque d’Athènes (legs Facchetti)

Musée Wuppertal (legs Jährling)

Musée Clemens Sels, Neuss (legs H. Hahn)

Musée de Genève

Library State University, Buffalo

Présentation

Laubiès parlait très peu de ses œuvres ou seulement avec des phrases soit évidentes, soit énigmatiques. Il fallait du temps pour en saisir la portée. « La matière ne m’ intéresse pas. L’huile, l’encre, l’aquarelle ne sont pour moi qu’un support, pas une fin en soi. Je n’ai jamais cherché à faire une œuvre, mais à participer au flux de l’ univers, à la vie… ». Ou encore : «J’ai toujours peint abstrait, parce que la nature est abstraite.»

Et il ne s’attardait pas sur sa biographie dont on ne connaît que les points essentiels : ses origines chinoises par sa mère, son enfance à Hanoï, un court passage à Nice et au Maroc, un début de carrière brillant à Paris, dans d’ autres capitales européennes et aux Etats-Unis, son refus de peindre en France. « Votre atelier est partout sauf à Paris », lui a écrit Georges Salles, le plus souvent en Asie, surtout en Inde à la fin de sa vie.

«Alors que les peintres de sa génération revenaient soit à une figuration à tendance expressionniste, comme les peintres du groupe Cobra, ou se lançaient à la suite de Klein et d’Arman dans l’aventure du Nouveau Réalisme, Laubiès poursuivait, sans la moindre inflexion, son œuvre dans la voie qu’il s’était désignée», ajoute Daniel Abadie.

Il a poursuivi sa voie, sans se préoccuper des autres, sans s’y opposer non plus. Il a laissé un temps accoler son nom à un mouvement éphémère, le nuagisme, parce qu’il était ami de certains de ses membres et que cela n’ avait aucune importance, me dira-t-il. Ce détachement évoque celui des lettrés chinois.

Sa véritable famille était celle des poètes, les classiques chinois, mais aussi les américains Ezra Pound dont il a traduit Dos Cantos (la traduction préférée de leur auteur) ou Robert Creeley, qui a réalisé avec lui un très beau livre d’ artiste : The Immoral Proposition, en 1953.

Dix ans après la mort de René Laubiès en 2006, le mieux est donc de laisser nous parler ses œuvres. Celles-ci s’imposent.

Faites l’expérience d’en accrocher entre deux baies vitrées, elles résistent aux plus beaux paysages, nous aident à mieux aimer la nature, les ciels, les bords de mer, la nature éthérée, l’eau, l’air, la course des nuages, l’instantané éphémère. Ses œuvres sont à l’image de ce qu’il veut nous apprendre à voir dans la nature : les couleurs et les formes ne sont jamais les mêmes, jusqu’à la même plage qui d’ une minute à l’autre change avec la lumière, le vent, l’envol d’ oiseaux. Ses peintures comme ses dessins sont bâtis sur des canevas proches mais sans rien d’ennuyeux ni de répétitif, d’autant qu’il peignait peu, et seulement après de longues périodes de méditations face à un paysage. On y découvre le plus souvent des variations subtiles et sereines mais parfois aussi des contrastes violents pour ne pas dire méchants, notamment dans les années 60.

Ses dessins -encres et aquarelles- épousent les mouvements des nuages, expriment l’énergie des couleurs dans le ciel et sur les eaux; ils donnent forme parfois à l’ Oiseau Tao. La discrète structure ascensionnelle de ses peintures révèle sa pensée enrichie par le taoïsme puis l’ hindouisme, nous ouvrant à un cheminement spirituel ancré dans le spectacle de la nature qui nous entoure. Son abstraction montre l’essence des choses, mais cette essence ne s’oppose pas à leur apparence. Ce n’est pas seulement notre destin qui s’y joue. Laubiès aime faire apparaître des silhouettes, pêcheurs en barque, promeneurs, oiseaux…, apparitions qui se précisent par intermittences quand l’ attention est soutenue, mais jamais d’une manière figée et définitive. Le réel n’est jamais présenté tout d’ un bloc, comme une présence qui nous reste étrangère et sur laquelle butent le plus souvent les mots ou le pinceau des peintres.

Le réel que nous présente Laubiès est beaucoup plus fluide, on se sent de connivence avec lui, ou plutôt emporté dans le même souffle, et souvent en harmonie. Ce sont à la fois nos sens qui sont sollicités et notre attention dans ce qu’elle a de plus aigüe pour découvrir non pas, d’ailleurs, l’essence de la nature, une notion en fait trop conceptuelle pour Laubiès mais sa quintessence, son « esprit », qui est proche du souffle, du flux.

Lui-même, se méfiait des classements, réducteurs, mais il se considérait proche des peintres chinois des Hautes Epoques : « Quand ils se mettaient à peindre, ils brûlaient de l’ encens, se recueillaient dans le calme et le silence, concentraient leur esprit et méditaient. Ils laissaient les ennuis et le sordide quotidien s’évanouir peu à peu. Leur esprit libéré, ils faisaient le vide en eux et communiaient ainsi avec l’ élan vital qui meut l’ univers. Alors en harmonie avec la Nature, c’est Elle qui guidait leurs pinceaux. »

C’est en ce sens, parce qu’elles ont beaucoup à nous suggérer, que les oeuvres de Laubiès, comme la nature, sont abstraites.

Alain Margaron

 

Reproductions de quelques oeuvres parmi les 25 des collections du Centre Pompidou:

Sans titre, 1952Sans titre, 1953Sans titre, 1969Sans titre, 1972Sans titre, 1987Sans titre, 1987Sans titre, 1989 / Sans titre, 1991

Oeuvre des collections du Musée d’art Moderne de la ville de Paris:

Sans titre, 1972