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Michel Macréau

du 2 février au 18 mars 2017

Nous exposons du 2 février au 18 mars 2017 une cinquantaine d’œuvres de Michel Macréau, peintures et dessins, essentiellement des années 60,  la période où celui-ci s’est révélé en décalage sur son temps, et par beaucoup d’aspects très en avance.

Il s’agit de la douzième exposition individuelle que nous lui consacrons. Nous avons présenté Michel Macréau dès l’ouverture de la galerie en 1993.

Alors celui-ci, malade, parlait peu, mais sans être départi de son humour, ni de sa lucidité, aussi bien sur les gens intéressés qui lui tournaient autour que sur la peinture du XXème siècle qu’il comprenait de l’intérieur. Il avait suivi des cours d’art appliqué chez un fresquiste puis découvert, aimé et étudié en profondeur, à travers livres, galeries et musées, de nombreux artistes, dont Picasso, Matisse, les Cobra et Klee.

A l’époque, ses œuvres sont restées incomprises, sauf des artistes et de rares collectionneurs (comme les Pompidou) et marchands, en France, en Italie, aux Pays-Bas et en Allemagne. Il était resté éloigné aussi bien de l’art brut que de la figuration narrative, auxquels, pour l’aider, on avait voulu l’assimiler. Ses créations ne commenceront à être  comprises que 20 ans plus tard avec la génération des Basquiat, Penck, Combas. Entre-temps, il a traversé une longue période de dépression et de doute.

« Je trouve que le rapport avec Basquiat est évident, affirmait Combas en 2014. Certains tableaux sont très proches, mais les gens ne veulent pas le voir. Dans le passé, je me suis amusé à faire passer des détails de ses œuvres -comme certaines têtes- pour du Basquiat et ça fonctionnait. »

Les œuvres que nous montrons interpellent par leur très forte présence. Macréau s’est mis à nu et nous lance un appel du plus profond de son être, sans fard. On est ébranlé par sa  quête du sacré et du sens de la vie, son interrogation sur ce que nous sommes à travers de nombreux portraits-autoportraits, et beaucoup de couples, fusionnels et emprisonnés. Son univers est celui des villages plus que des villes : il relève l’étrangeté et souvent la méchanceté des chats qu’il côtoit, la beauté des chapelles. Les croix, omniprésentes dans son oeuvre, s’imposent à lui sans qu’il en comprenne la signification. Et il exprime son angoisse de peintre incompris avec force dans un magnifique autoportrait de 1968.