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Lettre d’Alain Margaron, mars 2018

Nous avons conçu notre exposition de dessins autour d’une aquarelle rare de Jean Hélion : une nature morte à la cruche, de 1927 qui tranche avec d’autres de la même période par la rigueur de sa composition. Elle fait penser, déjà,  à ses abstractions complexes des années 30. D’ailleurs, acte manqué ou volontaire, l’artiste l’a signée à l’envers et datée par” erreur” de 1937.

 

Cette nature morte, est emblématique de tout le parcours de Jean Hélion. Il avait toujours à l’esprit autant de ce vers quoi il se dirigeait que ses oeuvres antérieures, pour aboutir à ses  peintures et dessins de ses quinze dernières années (nous en montrons quelques uns) particulièrement libres et rythmés et  qui ont marqué d’importants artistes français et allemands de la génération suivante.

 

Nous présentons également des dessins de Bernard Réquichot qui mènent aux écritures illisibles de la dernière année (1961). Ils justifieraient à eux seuls  l’intérêt de Roland Barthes, co-auteur du catalogue raisonné, pour son oeuvre.

 

Nous prenons le relais du musée des beaux-arts de Lyon avec quelques grands dessins de Fred Deux. Avec son seul crayon, celui-ci a réalisé des oeuvres d’une grande plasticité, aux limites de la nudité du vivant ou de l’indicible de la disparition. Quelques dessins aussi de Macréau, Dado, Lunven.

 

Parmi les artistes plus jeunes, à signaler les dernières créations de Edith Dufaux. Elle poursuit son cheminement vers la couleur et une clarté libératrice qui lui permet d’amorcer de plus grands formats.

A.M.