Lettre d’Alain Margaron sur l’exposition en cours

Le dessin est plus spontané, plus proche de la singularité de l’artiste, au plus près de son inconscient, de ses désirs, craintes ou de ce qu’il a observé, au plus près de la vie, sans finissage imposé. Il permet  des œuvres pleines de vraies séductions où l’on sent vibrer et vivre le sujet devant soi, avec une résonance intérieure qui se transmet directement de l’artiste à l’amateur, sans passer par le filtre de l’analyse et de la distance qu’impose souvent la peinture. Il se traduit parfois, au contraire, en oeuvres complexes et longues à analyser, pleines d’imprévus, d’énigmes ou de trouvailles au détour d’une ligne. D’autres, je pense en particulier à Réquichot, se rapprochent de l’écriture : ils  paraissent nous dire beaucoup mais sans messages explicites, peut-être  pour exprimer qu’il existe quelque chose au delà des mots. Ce quelque chose d’indicible, impossible à conceptualiser mais essentiel, seul l’art -arts plastiques, poésie, musique- peut encore l’exprimer.

Nous avons choisi pour cette nouvelle exposition consacrée au dessin de couvrir un large éventail dans le temps, avec quelques œuvres de la première moitié du XXème siècle en résonance avec des œuvres ultérieures d’artistes, portés vers le monde qui nous entoure comme Hélion ou concentrés sur leur vie intérieure, en particulier de Fred Deux qui a consacré toute sa vie au dessin et à l’écriture.

La période la plus récentes est représentée par des œuvres sur papier de 2017 de Laure Bréaud, Edith Dufaux (montrée pour la première fois à la galerie) et Clara Fierfort.

De  nombreux salons ont été consacrés fin mars, au  dessin, moderne et contemporain. Nous préférons montrer les œuvres que nous avons choisies à la galerie, dans un cadre intime propice à l’attention.